

quelques jours plus tôt à la Baraq'Abricot...

Paul Ficher est arrivé au volant de sa voiture silencieuse comme une télé cassée...
Justin, l'homme des visuels de la semaine sans télé et de la Baraq'Abricot ( tutututi@hotmail.com )
Julie et Jean-Claude en plein over-brainstorming




Eric teste une machine à rendre le cerveau disponible, de son invention... sacrément efficace !
Reportage photo par Eric Batbedat ( http://www.myspace.com/ericbphoto )
SAMEDI 18 AVRIL 2009
La Parade d'annonciation de la semaine sans télé...

...a commencé par
une auberge espagnole à la Baraq'Abricot

Manque de chance, le photographe officiel de la Semaine Sans Télé participait aux spectacles de rue. Ce sont donc les seules images de
la journée !


la carriole des "Blousons Jaunes" et celle
des "Nébuleux"
LUNDI 20 AVRIL 2009
11 heures du matin: soutien de dernière minute de la ville
d'Agen qui, afin de stimuler notre créativité et notre sens de l'adaptation nous appelle pour nous prévenir qu'elle nous refuse l'autorisation d'inaugurer la semaine sans télé au jardin Jayan et
qu'elle nous autorise à utiliser la Place de la Cathédrale, mais sans éléctricité...

une nacelle qui traîne sur la place des Laitiers, et hop ! Merci Mr Locadour pour cette tribune impromptue...
il n'en fallait pas plus à Paul Fischer pour improviser son discours d'inauguration de la 7 ème semaine sans télé agenaise.


Toutim Asso: des récalcitrants au fond du bocal...


photos François Sternicha


photos Morad Cherchari
Les photos qui suivent et celle tout en haut sont d'Eric Batbedat ( http://www.myspace.com/ericbphoto )
le Crieur Public de Bazas: "Vos messages, mes cordes vocales"
Phyllipa Scammel...
...fait swinguer tout ce qui marche debout


























































de pauvres
enfants sans télé !




























et voilà, le
décor est en place....
















tatouage au henné en cours d'impression...


Jean-Claude,
Florent, Siham, Nico
photos Eric Batbedat - http://www.myspace.com/ericbphoto
Egalement pendant cette semaine, le projet "Paroles d'Anciens":
L'évolution de la société et notamment de l'urbanisme a progressivement séparé les générations les unes des autres pour les enfermer
dans des petites boîtes étanches. Le statut de transmetteur de l'ancien dans un système où toutes les générations se cotoyaient dans la vie quotidienne s'est effacé et la vieillesse est devenue
aujourd'hui synonyme de solitude, de repli sur soi: seul(e) devant la télé qui déverse un flot ininterrompu d'images, d'in-formations. La télé me parle, « on » me parle des heures
durant, tous les jours de ma vie. Je suis comme baillonné au fond de mon canapé, psychiquement ligoté...Qui m'écoute ?
Cette 7ème semaine sans télé a été l'occasion d'aller à la rencontre des plus anciens d'entre nous, de recueillir toutes ces
paroles et ces trésors de vie qui n'attendent que des oreilles, un regard, une présence curieuse et attentive pour se donner.

Pendant toute la semaine des jeunes et des des moins jeunes sont allés à la rencontre des aînés afin
d'enregistrer des "Paroles d'Anciens". Un travail de mixage sonore a ensuite été réalisé au Florida et
le journal Sud-Ouest a publié un récit chaque jour de la semaine.
Extraits:
"Le soir, on
avait le temps de se retrouver... Avant la guerre, le samedi soir, on se réunissait entre jeunes filles pour tricoter au coin du feu. On discutait de couture. Pendant ce temps, les hommes
allaient jouer à la manille au café.
Pendant la guerre, le soir on fermait les rideaux des fenêtres à cause du couvre-feu et on lisait à la lueur des
flammes de la cheminée. Parfois, on profitait de l'obscurité pour aller chercher du lait chez un voisin. Par le bouche à oreille, on apprenait qu'un bal clandestin était organisé dans
une grange. On dansait de 20h à 1h du matin , certains avaient faim et tout le monde avait peur d'être pris. A la fin , on faisait la quête pour l'accordéoniste. C'est dans un de ces bals que
j'ai rencontré mon
mari.
Après la guerre, les voisins venaient jouer à la belote. Au fur et à mesure de la partie , on rapprochait la table du feu parce qu'il s'éteignait petit à petit et que personne ne voulait
interrompre la partie pour aller chercher une bûche. le soir, on aimait se retrouver."
Rencontre de Philippe Calza avec
Madame Olga DUMAS, 85 ans, campagne Prayssassaise
Récits de madame C collecté par Delphine Derosais à la maison de retraite de
Pompeyrie:
"Madame C est résidente à la maison de retraite de Pompeyrie depuis 6 mois. Lorsque je la rencontre, elle sait déjà que je viens
pour qu'elle me parle de la télé... elle me dira très
spontanément : « Personnellement je m'en passe facilement. Je préfère lire un bon livre, faire des mots croisés que de regarder la télé. A part les infos, ça c'est vrai et le soir quand y'a un
bon film. Mais maintenant y'a que des coups de révolver alors... » En effet, je peux voir sur la table de la chambre de Madame C deux gros romans et un journal de mots croisés. Elle me confiera
plus tard que sa belle fille lui porte jusqu'à huit livres par mois de la bibliothèque. « Comme ça le temps passe vite et puis j'aime bien les livres qui parlent de l'histoire de la France. »
Elle va ensuite me donner son avis sur la mauvaise influence de la télé sur les jeunes ... « On incrimine beaucoup les jeunes, mais je crois que y a beaucoup de la faute de la télé parce que dans
le temps, moi je parle de mon temps, on avait pas des gens qui faisaient la réclame pour ci, la réclame pour ça, alors bien sûr les jeunes, ils disent pourquoi les autres l'ont et pas nous ? Moi
je crois que c'est une tentation permanente pour les jeunes parce que bien sûr, on leur montre de belles voitures, de beaux bateaux, des motos et pourquoi ils n'en auraient pas ? Je crois que la
télé c'est une arme à double tranchant ». Sa première télévision, Madame C l'a eu à 37 ans... « Attendez... mon fils devait avoir 8 ans... une télé d'occasion...c'est une voisine qui voulait
vendre la sienne...et encore en noir et blanc » Avant, y'avait pas mais Madame C n'a pas le souvenir que ça leur manquait, « on lisait les journaux, on faisait une belote ». Elle allait aussi
jeune fille au cinéma voir des grands films et regarder les actualités présentées par Jean Mineur. Madame C évoque ensuite des souvenirs de son enfance...Les jeux dehors avec les enfants du
quartier, « on était pas souvent dedans », la guerre, les vacances à la ferme dans le Tarn chez ses grands parents maternels, son oncle et sa tante, les poires qu'on mangeait sous le poirier, les
400 coups avec les cousins, elle évoque aussi un pique nique en cachette pendant que son oncle et sa tante étaient partis aux champs... « On avait pris un melon dans un champ avec une
marie-jeanne de vin et on était bien cachés dans le maïs... Mon oncle et ma tante nous cherchaient partout » Elle rajoute alors avec un sourire... « On dit les jeunes de maintenant, mais nous on
était bien pareils ». Avec mes questions et mon envie d'en savoir plus sur ce qui pouvait bien se faire sans la télé
à son époque, je lui demande, fidèle à mon âme de conteuse, bercée par mes illusions ou mes idées toutes faites, si il y avait des veillées avec des histoires, à l'affût d'un conte qu'elle
pourrait peut-être me transmettre... « Oh ! Les veillées se faisaient dans les campagnes, pas tellement à la ville »... Insistant un peu, demandant des précisions alors sur les vacances à la
ferme, dans le Tarn, elle finira par me dire qu'il n'y avait pas de conteur, mais « d'autres fermes qui venaient pour enlever les feuilles au maïs, pour faire une veillée de châtaigne, des choses
qu'on faisait pas à la ville. Moi pour moi, ça a été du bon temps, j'avais des grands parents adorables ». J'aurais encore beaucoup de choses à écrire sur cette rencontre, tant de souvenirs
évoqués qui demandent à être racontés... Un récit de vie où « y'avait pas que des roses, quelques épines aussi » mais si c'était à refaire, elle ne changerait presque rien... merci à vous Madame
C"
"La personne que nous avons interrogée s'appelle Marcelle. Elle est née à la Sauveterre Saint Denis en 1923. Elle a eu la télé en 1944
à l'âge de 21 ans. Elle est allée à l'école jusqu'à douze ans. Puis elle a abandonné ses études pour travailler la terre avec ses
parents. Elle avait une
télé pour son foyer et n'a pas connu une télé pour tout un village. Enfant, quand elle avait fini son travail dans les champs (tard le soir), elle s'occupait en brodant et en tricotant pour
passer le temps. Elle constate que le mode de vie des jeunes a changé depuis son époque. C'est une nouvelle façon de voir la vie dans laquelle la place de la télévision est très présente et
peut-être même un peu trop.
Aujourd'hui, elle ne pourrait pas vivre sans la télévision car elle lui permet de s'informer des actualités et lui fait passer le temps.
La télévision a pris une place importante dans sa vie. Elle passe en moyenne huit à neuf heures par jour devant. Elle occupe le reste de son temps au club de l'amitié pour jouer aux cartes et au
loto. Elle y retrouve ses amis et ça lui permet de rester en contact avec les gens."
témoignage recueilli par les jeunes du quartier Rodrigues
"Mme D.: Nous avons eu notre première télévision en 1961. Avant on avait des radios dans les chambres, la cuisine, dans toutes les
pièces. Nous étions en Algérie et quand il y a eu les événements nous avons été rapatriés. On a laissé tout le linge, la vaisselle, les meubles.
M.D.: jesuis parti avec 2 collègues et la seule chose que j'ai emmenée c'est la télé.
JCL: vous vous souvenez la première fois que vous l'avez allumée ?
M.D.: Ce que j'ai vu en premier, c'était Jacques Brel qui chantait « j'vous ai apporté des bonbons ». Plus tard, j'ai vu que c'était un Monsieur, mais au début je me suis dit qu'est-ce
que c'est que ce guignol qui veut nous vendre ses bonbons ? Si c'est ça la télé...
MmeD.: on avait la seule télé du quartier, alors tout le monde venait la regarder chez nous.
JCL: c'était comment lorsque vous étiez enfants, la vie sans la télé ?
M.D.: je suis né en Algérie dans une famille de cinq enfants; mon père était maçon et nous avions du mal à nous en sortir. Les Restaurants du coeur n'existaient pas et nous allions faire
l'aumône, en quelque sorte, au Bureau de Bienfaisance. A quatorze ans j'ai dit à ma mère: je ne veux plus aller à l'école. Elle m'a dit: d'accord, alors dans 48h il faut que t'aies trouvé un
travail.
On était tout le temps dehors, il n'y avait pas les jeux videos. On allait pêcher à un lac qui était à 10km de Constantine; on y allait à pied. Pour y aller ça grimpait, alors au retour on
redescendait chacun dans sa carriole à roulements. Sinon pour nager on allait dans un autre village qui était à 11km et où il y avait un petit canal d'eau chaude naturelle. Toujours dehors,
toujours heureux.
Mme.D.: On n'avait pas de jouets; on fabriquait nos propres poupées. Notre enfance était jolie.
M.D.: Oui on était heureux. Je n'échangerais pas mon enfance contre celle des enfants d'aujourd'hui, pourtant j'ai vécu une jeunesse assez malheureuse. Pendant la guerre contre les allemands, en
Algérie c'était difficile car il n'y avait pas de ravitaillement et on crevait la dalle. On était pouilleux et on avait la gale. Je me rappelle qu'on nous mettait tout nus et qu'on nous
badigeonnait de soufre.
MmeD.: pour le marché il fallait faire la queue, alors on y allait à 4 h du matin.
M.D.: le marché ouvrait à 6h. Avant c'était le couvre-feu; on se levait à 4h et on se planquait pour être les premiers à l'ouverture du marché. Il y avait la queue pour entrer dans le marché et
puis après la queue pour aller aux étalages. Et c'était pas facile de voir si c'était la bonne file pour le produit que vous cherchiez. Sinon après c'était trop tard, il n'y en avait plus.
MmeD.: régulièrement quand c'était votre tour il n'y avait plus rien.
M.D.: On n'a eu que des privations mais on était heureux parce qu'on était libre, qu'on sortait dehors, qu'on vagabondait. Vous ne me croirez pas, mais j'avais une paire d'espadrilles que
j'attachais à ma ceinture et quand j'allais à l'école, avant de rentrer en classe je les mettais aux pieds. A 14 ans j'ai travaillé chez un droguiste; il m'a fait cadeau de mon premier vélo, une
« Hirondelle Saint-Etienne ». J'y suis resté 9 ans. C'est là que j'ai rencontré ma femme; elle travaillait dans un magasin de chaussures.
MmeD.: on n'avait rien, pas de télé, mais on était bien.
JCL: pourquoi dans ce cas est-ce que les grands-parents offrrent toujours plein de jouets, jeux videos à leurs petits enfants ?
M.D.: parce qu'on suit le cours de la vie. Comment ça se passe ? Quand on allait à l'école on avait tous la même blouse. Aujourd'hui y'en a un qui a un puma, l'autre nike, l'autre... et chacun
veut copier sur l'autre. Alors pour pas que ton enfant se sente ridicule, tu suis le mouvement, tu suis...ça veut pas dire que ça va dans le bon sens. Mais ma vie, ma jeunesse, je vous le dis je
la changerai pas contre la leur, pour tout l'or du monde.
JCL: vous croyez que la télé est pour quelque chose là-dedans ?
MmeD. Ah ça oui! Il n'y a que des crimes, de la violence. Moi je préfère les films d'amour."
Récit de M. R.D. Et Mme G.D., 80 et 77 ans, habitant dans l'agenais. Collecté par Jean-Claude
Lequesne
"Je suis née en 1922 à Agen, dans une famille de 13 enfants. Aujourd'hui je n'ai plus qu'une soeur, mais elle habite à 500
km d'ici. J'ai perdu mon mari en 1959 et je n'ai jamais voulu être avec quelqu'un d'autre. Il était fils unique mais c'était quelqu'un de bon, de serviable. Il n'avait pas d'orgueil. Je trouve
qu'il y a trop d'orgueil dans le monde
aujourd'hui. De notre
temps on avait peu de choses mais on aimait partager, on s'entraidait.
J'aurais aimé être couturière mais ma mère nous élevait seule et elle ne pouvait pas payer la formation. Elle-même était chemisière. A cette époque on n'avait pas d'électricité et ma mère, pour subvenir à nos besoins, fabriquait des chemises jusque tard le soir à la lumière de la lampe à pétrole, sur sa machine à coudre à pédale. Le soir j'aidais ma mère à la vaisselle, au ménage.
Plus tard j'ai été repasseuse. Avant les fers électriques, on travaillait avec une cloche. C'était une sorte de poële à charbon avec un support rond tout autour sur lequel on posait les fers à repasser. On les approchait près de la joue pour voir s'ils étaient assez chauds. C'était pendant la guerre; il y avait aussi des allemands qui venaient. Ils étaient très exigeants sur le repassage de leurs costumes. Quand j'allais les leur apporter, j'avais peur qu'ils ne me laissent pas repartir. Mais ils ont toujours été corrects.
Je n'ai jamais beaucoup regardé la télé; j'ai toujours préféré sortir. La première fois que je suis allée au cinéma c'était avec mon mari. On allait voir des revues, des spectacles au théâtre. Sinon on se retrouvait dans la rue; il y en avait un qui prenait le pavillon d'un phonographe et s'en servait pour chanter et tout le monde dansait.
Je regrette cette époque, je trouve qu'on vivait beaucoup plus simplement et qu'on était plus heureux. "
Récit de Jeannette Lavergne - Maison de retraite de Pompeyrie - recueilli par Jean-Claude Lequesne
Et une petite video concoctée par Siham Ouattou...
La Baraq'Abricot - 13 rue Faval, Agen -
tél. 05 53 96 36 49 -
www.myspace.com/cabaretdelapleinelune
baraqabricot@free.fr
C.L.I.V.H. - 13, rue Faval, Agen
clivh@free.fr
Les Nez Pâles - 86 rue Lafayette, Agen -
tél. 06 81 80 75 53
Le Pastasoupe - 48 rue Montesquieu -
tél 05 53 47 90 43
Toutim asso - 13 rue Faval, Agen -
tél. 06 74 99 52 03 - www.myspace.com/toutimasso
toutimasso@yahoo.fr
Asso Dés en Bulles - 13 rue Faval, Agen -
tél. 06 63 58 31 12
Asso À toi de jouer - salle Mascaron, Bon Encontre
- association.atoidejouer@gmail.fr
Asso Cirk'n Co - 13 rue Faval, Agen -
tél.05 53 67 86 43
http://cirknco.over-blog.com
ecoledecirqueagen@free.fr
Asso Les Petits Débrouillards d'Aquitaine, 342 rue Rodrigues,
Agen - tél. 05 53 96 65 86
Asso BricoLight - 13 rue Faval, Agen -
tél. 06 16 83 90 70 - bricolight@wanadoo.fr
Centre social Nord-Est, rue de Montanou, Agen -
tél. 05 53 87 98 87
Centre social Sud-Est, rue E. Herriot, Agen -
tél. 05 53 98 50 00
Piano-Bar La Croche, 25 rue du Collège,
47300 Villeneuve-Sur-Lot, tél. 05 53 70 96 98
Canoé kayak club de l'Agenais, 2 quai du canal,
Agen - tél. 06.32.60.00.46
Asso «les saisons musicales» à Moncrabeau,
tél. 05 53 97 06 63
Le Florida, 95 Bd. Carnot, Agen -
tél. 05 53 47 59 54
Paul Fischer, Péniche sur le canal,
tel 06 43 94 41 40
Asso Chuchoconto
http://chuchoconto.over-blog.com
tel 05 53 48 59 09
Journal Sud-Ouest
www.sudouest.com
Théâtre du Terrain Vague
tel: 05 53 01 76 05
Conseil de quartier 14 Jasmin, Jacobins & Rouquet
canal1447@gmail.com