


La volonté (consciente ou inconsciente ?) des grands acteurs de la société de consommation est de transformer peu à peu les valeurs qui font un être humain,
c’est à dire donner et recevoir, en valeurs marchandes, soit vendre et acheter. Lorsque nous tenons ce discours on nous répond souvent que nous noircissons le tableau, que nous caricaturons, mais
si on fait l’effort de sortir de son ghetto culturel, on se rend vite compte que cette réalité existe et qu’elle progresse. Souvent des personnes dotées de
bons outils intellectuels et culturels, sous-estiment l’impact des médias pour des raisons purement égo-centriques : ayant eux-mêmes reçu les « armes éducatives » qui leur
permettent de gérer intelligemment la société de consommation, ils pensent que tout habitant de la planète, à leur propre image, est naturellement doté de la lucidité nécessaire pour n’être pas
influencé de façon destructrice par le système. C’est un point de vue nombriliste malheureusement trop répandu et qui est finalement un effet indirect de la société de consommation.
Dans une incroyable osmose, les médias nous habituent depuis notre petite enfance à naviguer dans la ronde superficielle des effets, sans jamais partir à la
recherche intérieure des causes. Ainsi lorsque vous avez grandi au sein d’une conscience collective de surface, où toute information est triée, mâchée, prédigérée (à la manière du hamburger…), il
faut un effort individuel de plus en plus grand pour s’extirper de la force centrifuge des effets qui vous entraîne toujours plus loin de vous-même vers les
objets extérieurs de consommation, vous dépossède méthodiquement et implacablement, de votre confiance en vous, de vos compétences et de votre capacité à prendre des risques pour grandir et
devenir autonomes. C'est le sens de notre engagement: autonomie, responsabilité individuelle. Se passer des conseils du papa cathodique et naviguer avec sa propre boussole.
La télé renforce mon sentiment de solitude et d'inutilité, alors que je rêve
de participer à une aventure collective et que, partout, dans les associations à but non lucratif, par manque de moyens humains, on retrouve toujours la même
poignée de personnes qui portent des montagnes pour que demeure un minimum d'humanité en ce monde.
La place du téléviseur dans une maison aujourd'hui revêt la même importance que celle de la croix dans une église. De la religion catholique à la religion cathodique,
nous adorons toujours Notre Père qui est aux cieux...
La télé, en arrosant des millions d'individus avec le même programme, transforme la richesse de nos différences en monoculture
planétaire. L'homme du 21ème siècle, télégénétiquement modifié, est réduit à quelques variétés rentables et calibrées
poussant à l'infini sur une Terre devenue la propriété privée de quelques « Big Brothers »
Un jour, discutant avec mes collègues de travail, près de la machine à café j'ai eu soudain le sentiment que mes idées et mon langage n'étaient pas les miens, mais pensées et phrases automatiques resortant au gré des conversations, telles que je les avais avalées la veille devant le petit écran. Etais-je encore quelqu'un ?
Jean-Claude Lequesne
Le rêve du C.L.I.V.H.:
l’Humanité arrête d’attendre un « dictateur du bien » pour consommer une révolution collective et, du coup, 6 milliards de révolutions individuelles se mettent en marche...